Méditation cycliste 2

Il est temps de visualiser, entendre et sentir le lieu sécure et agréable qu’est le déplacement en vélo. Le vélo et moi sommes à l’abri d’une bulle mentale, d’une enveloppe de l’esprit. De même que la peau protège le corps, l’enveloppe protège l’esprit comme une bulle ou une combinaison protectrice. On peut visualiser cette enveloppe, imaginer la parcourir avec la main de l’intérieur, en vérifiez l’intégrité, l’absence de trou ou de manque. Elle est lisse, elle est souple, elle est douce. On peut sentir sa souplesse, son énergie. Je peux sentir qu’elle est mobile avec ma respiration. Elle gonfle quand j‘inspire et se rapproche quand j‘expire. Elle peut grandir, s’étendre au delà de moi sur mon vélo, elle englobe le chemin puis le canal et au-delà, l’océan et la forêt. L’énergie du monde est comme absorbée dans ma bulle. J‘éprouve bien dans ma déambulation comme ma bulle filtre et protége de ce qui est extérieur à moi, de ce qui n’est pas moi, de ce qui ne prend pas soin de moi. Elle filtre le passé malheureux et l’avenir menaçant, le remords et l’incertitude, la fatalité des rayons qui me lâchent comme des amis qui me fâchent et en même temps elle s’alimente de l’énergie du monde, elle recharge les batteries en même temps que la fatigue s’oublie. Je peux sentir la lumière quand vient le crépuscule. A l’inverse, quand la lumière est intense, elle peut me mettre à l’ombre. Quand les bruits sont trop forts, je suis dans le silence. Quand il fait trop chaud, elle me maintient au frais et quand c’est glacial, elle réchauffe. Quand tout s’agite autour de moi, à l’abri, c’est calme et tranquille. Quand c’est violent, elle amortit les chocs et assourdit les cris.
Peut-être, l’expérience répétée à vélo, cette sensation de confort mental dans notre enveloppe psychique de cycliste en autohypnose, explique-t-elle aussi une certaine inconscience du danger et une inadaptation au règles de circulation? Automobilistes et piétons, doivent savoir qu’un cycliste imprudent, qui s’affranchit des règles communes et met en danger n’est pas un conquistador de la route qu’il faudrait réduire, mais un être en lévitation proche de la dissociation mentale. Cyclistes, sachez sortir de la délicieuse enveloppe psychique qui vous transporte, lorsque vous abordez les routes et les chaussées fréquentées: expirez profondément plusieurs fois, reconnectez vos perceptions visuelles, auditives et corporelles, reprenez pied dans la réalité d’un monde que vous avez quitté en pédalant!

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