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Le pilotage d’une bicyclette réclame des compétences neuropsychologiques, qui sont autant de leçons pour la vie de tous les jours.

L’anticipation cognitive est cette capacité mentale à porter son attention quelques mètres en avant. Contrairement au néophyte et au peureux, le regard quitte la roue avant et se porte au-delà parcourant des yeux la trace avant de l’atteindre. Cette vision avancée génère la coordination psychomotrice, qui prépare le corps aux gestes et à la position adéquate. Ces quelques millisecondes gagnées sur la vitesse, qui correspondent aux millisecondes de décalage entre le message visuel de la rétine et son traitement cérébral améliorent considérablement la performance et surtout la sécurité.

Ainsi, dans la vie psychique, la stimulation à l’anticipation cognitive, qui correspond au développement de la fonction opératoire de Piaget est fort nécessaire pour se déplacer dans les multiples sentiers de la vie. On m’a appris dès le plus jeune âge à « voir plus loin que le bout de son nez » et à « penser plus loin que mon nombril ».

Face au danger, le cycliste de chemins et de hors-pistes apprend à anticiper mais aussi à piloter son attention. Cette fonction cérébrale attentionelle de focalisation, à laquelle correspond l’inhibition des autres sources de stimulation, est essentielle. Les accidents surviennent, quand l’esprit est distrait, jamais quand il est concentré sur le pilotage. Les chutes bêtes surviennent dans les moments et les lieux, où l’attention se relâche, justement quand on ne risque rien.

Entretenir cette aptitude cérébrale à rester concentré sur la tâche et à focaliser son attention est ce dont manquent les enfants et les adultes agités et distraits. En cela le vélo procure à nos cerveaux saturés une cure aussi profitable qu’une séance de méditation, les vertus de l’effort physique et les satisfactions nomades en sus.

Face à l’obstacle, devant un virage serré, la capacité à ne pas fixer son attention sur le fossé ou le rocher est essentielle. Cela rejoint l’anticipation. Fixer la sortie de la courbe, c’est à dire ignorer le fossé. Non pas ignorer le danger comme font les inconscients mais tenir fermement les rênes de son regard pour qu’il se porte vers l’issue plutôt que sur le problème. L’adage suivant « il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions » est une leçon très utile en vélo et bien vérifiée dans la vie. Il rejoint la psychologie positive. Mieux vaut fixer la sortie que le canal qui nous guette!

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