Déjà un mois plein depuis le départ.
Certes il y a eu une pause de 2 jours à Toulouse et une autre de cinq jours à Bordeaux avec retour en train chez nous puis reprise.
Nous en sommes donc à trois semaines effectives sur le vélo mais entrecoupées.
Depuis la reprise après Bordeaux nous en sommes à 15 jours de pédalage et le fond est là, la fatigue un peu aussi avec les périodes de froid et de pluie début mai puis la phase caniculaire qui semble se terminer en Bretagne .
La meilleure preuve est la nuit dernière pendant laquelle Hubert et moi avons eu froid dans nos tentes respectives et donc un sommeil haché.
Mais il n’y a pas de lassitude, bien au contraire j’ai l’impression de vouloir vivre ces trois derniers jours à 100 % .
Ici le psychologique est sous influence du physiologique :
L’enchaînement de toutes ces journées de sport s’accompagne d’une sécrétion d’endorphines qui nous amène à prendre du plaisir dans l’effort .
Tous les sportifs en endurance connaissent cela et même peuvent le rechercher car cela amène une forme de plaisir physique et psychique .
Que va t’il se passer à l’arrêt ?
Nos cerveaux ont leurs « doses» quotidiennes !
Le sevrage sera t’il un moment difficile?
Mais par la richesse de nos vies personnelles avec nos familles , nos pensées vont voler au dessus de ces phénomènes chimiques que nous connaissons bien l’un comme l’autre .
Nos familles seront là, de retour près de nous si j’ose dire et alors c’est une autre sécrétion qui va prendre le pas…
L’ocytocine va couler à flot dans nos cervelles de vélo-migrateurs .
Cette Ocytocine hormone du lien , de l’affectif pourrait on dire !
Suite après l’arrivée à Tregastel:
Les trois derniers jours sont maintenant derrière et les étapes en Bretagne nord étaient variées entre chemins au milieu de forêts quasi primaires puis les étapes entre le littoral et l’arrière pays .
Mais la magie de l’arrivée, le panneau Tregastel , l’île Renote pas revue depuis 2006 m’ont vraiment ému car toutes les interrogations du début du voyage avaient une réponse ou n’avaient pas posé de problème.
Un sentiment de paix intérieure, d’harmonie ont pris place , le challenge n’était pas le timing mais juste d’y parvenir sans contrainte aucune, juste pour avoir accompagné Hubert.
Lui qui un jour entre amis avait lancé « j’envisage Coursan Tregastel en vélo » .
Et ce genre de sortie vélo nous ne l’avions jamais fait ….
J’avais instinctivement répondu « je viens avec toi »….
Demi-journée à Tregastel:
L’après-midi ensoleillée va nous permettre de faire sécher complètement nos tentes encore mouillées de la nuit dernière , faire le rangement des sacoches , le tri de ce que je laisse ou prends puis la lessive et les courses pour fêter dignement notre périple.
Emmanuelle et Michel viennent ce soir pour dîner .
Du fait qu’ils rentrent dormir chez eux à Guingamp je profiterai du voyage et ainsi éviterai de faire lever et déplacer Hubert de bonne heure pour me déposer à la gare .
L’apéritif et le repas finis il est temps de partir , Ema travaille demain matin.
La nuit est calme et confortable , les trains sont tous à l’heure mais le TGV Montparnasse Toulouse est bondé car l’axe vallée du Rhône a été partiellement perturbé par un vol de caténaire .
Enfin rendu à Carcassonne et je retrouve ma douce pour reprendre notre vie : encore un beau voyage à partager j’espère encore longtemps …




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